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Article paru dans le journal Ouest France le 31 octobre 2009
Actualité dans le MorbihanEt pourquoi pas un triskell sur le cercueil ?![]() Agnès Guillerot, dans les bureaux de sa société Coffin'Art de Ploemeur. Au mur, quelques-uns des motifs qu'elle propose d'apposer sur les cercueils. Avec Coffin'Art, Agnès Guillerot propose du neuf dans l'art funéraire. Une image, un souvenir, un symbole apposés sur le bois, c'est possible. Elle commercialise le concept depuis mai.
À voir cette jeune femme, installée dans ses bureaux modernes de l'espace Media à Ploemeur, on a du mal à penser qu'elle travaille, au quotidien, avec la mort. Elle évoque l'activité de la société qu'elle a créée avec naturel.« J'ai eu cette idée, il y a trois ans environ. On constate que pour les cercueils, seule la qualité du bois et des poignées varie. Pourquoi ne pas les personnaliser, avec délicatesse, proposer un dernier souvenir à l'entourage lors de la cérémonie ? »
Sur le bois Ni stickers, ni décalcomanies, les images sont appliquées sur le bois selon un procédé mis au point par Agnès Guillerot. « Le motif ne fait que 43 microns d'épaisseur. Pigments naturels pour la peinture à reflet, vernis à base aqueuse. » Le principe est protégé par un brevet. Agnès Guillerot travaille avec des sociétés de pompes-funèbres, qui ont accepté de proposer son procédé. « J'ai trouvé des relais dans le Sud-Ouest, Paris, et avec les sociétés du Morbihan Gapillou-Nestour. » On y trouve sur place un catalogue des motifs « standard » proposés par Coffin'Art. Ceux qui reviennent le plus souvent ?« Des coeurs, des ciels bleus, des triskell ou des croix celtiques, des fleurs. » Elle affirme que le prix correspond à celui d'une belle couronne de fleurs. Un voilier, un dessin d'enfant Mais Agnès Guillerot travaille beaucoup sur des demandes individualisées. De l'icône religieuse du XVe siècle reproduite récemment sur un cercueil au dessin d'enfant, ballon de football, voilier. Ou encore la photo de la maison familiale, une épitaphe. L'initiative vient des proches, mais elle peut aussi émaner de quelqu'un qui veut préparer ses funérailles. Ce sont les entreprises de pompes funèbres qui se chargent de la pose. Agnès Guillerot qui s'est entourée de conseils de psychologues mais aussi de prêtres commente : « J'ai des témoignages de familles. Elles me disent que cette personnalisation a eu un effet apaisant pendant la cérémonie. » Sur les urnes funéraires aussi Ce type de motifs s'applique aussi sur les urnes funéraires. Elle veille, bien sûr, à ce que les motifs choisis ne dérogent pas à la bienséance. Elle reconnaît qu'en France, on n'est pas encore aussi ouvert aux innovations dans ce domaine bien particulier, si l'on compare avec les pays anglo-saxons dont les habitants ont, selon elle, un rapport plus décalé vis-à-vis de la mort. Il n'empêche, avec son frère Marc et sa soeur Isabelle, elle a monté sa société et croit en son développement. Et fin novembre, elle aura un stand au salon international du funéraire, qui se tient tous les deux ans, au Bourget, à Paris.
Françoise ROSSI.
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