Edito
Issue d'une famille d'entrepreneurs, baignée dans cet esprit depuis ma plus tendre enfance, j'ai souvent imaginé de nouveaux concepts, de nouvelles inspirations, de nouvelles aventures d'entreprises. J'ai coutume de dire que « les idées sont dans l'air ».

Quand l'hommage visuel s'est imposé à moi, il m'est apparu qu'un tel concept manquait. Il m'a semblé évident que, si l'on naissait nu, l'on mourrait riche d'une vie remplie de souvenirs, de passion, d'amour, d'amitié, d'appartenance, de convictions... et de cela, pas de trace, ni sur le cercueil, ni sur l'urne, ni sur une plaque qui rappelle aux proches, qui crée le lien. Or c'est le seul moment de notre présence sur terre, où rien n'est prévu pour honorer la personnalité.
L'idée de l'hommage visuel est d'autant plus légitime à une époque où chacun a le droit d'exprimer ses propres idées et convictions, et d'affirmer son identité. Les obsèques civiles se multiplient, laissant place aux hommages verbaux, mais ne privilégiant pas l'hommage visuel. Ainsi, une photographie, un symbole, quelques mots, l'attribut de telle ou telle profession qui ont fait la vie de celui qui s'en va, permettent de l'accompagner.
Après diverses études et recherches, j'ai trouvé le procédé qui permettait une pose répondant aux contraintes inhérentes au métier de pompes funèbres, mes interlocuteurs. Ce procédé répondait également aux exigences que je m'étais fixées : délicatesse, sobriété, respect, et impact extrêmement limité sur l'environnement. Un passage au salon international du funéraire en novembre 2007 a confirmé deux choses : le concept n'existait pas, et le marché l'attendait.
Depuis sa création, Coffin'Art pénètre sereinement le milieu du funéraire. Un milieu à la fois emprunt de sérieux et ouvert au changement.
Des différents témoignages qui m'ont été rapportés à la suite de cérémonies, celui qui m'a le plus touchée en parlant de la disparue est : « Elle nous a encore offert quelque chose ». Que le lien entre la personne disparue et ses proches perdure par-delà la mort était pour moi la preuve de la forte portée symbolique de ce produit.
Agnès GUILLEROT
Directrice de Coffin'Art